Thierry Balanger: Insolentes beautés
Selon Adonis : « Le corps est un univers – son espace est le visage. Le visage n’est le masque d’aucune chose. » Mais si le corps est univers, la photographie l’est tout autant. Ou, plus précisément, c’est à travers l’univers du photographique que l’univers du corps peut prendre conscience, sans masque, de l’étendue de son territoire, de son existence et de son essence ; autrement dit : s’incarner. Toute l’œuvre de Thierry Balanger, quasi depuis trois décennies, en témoigne. Car, si le corps n’a pas de commencement hors de lui-même, il peut néanmoins se déplier, se déployer, de toute sa mesure et sa démesure, à la surface même d’un papier photographique qui en offrira, en retour, une empreinte directe, immédiate et sans retour possible. Car il ne s’agit pas littéralement ici d’[auto]portrait(s) d’un corps, d’un visage, d’un être ou d’une identité, mais indubitablement d’un contact intégral suivi d’un transfert in extenso peau sur peau : l’épiderme d’un corps – humain, animal, végétal – et ses humeurs versus l’épiderme sensible des sels d’argent du papier photographique. Aussi les figures et les formes de l’apparence n’y sont-elles, de fait, que pures présences matérielles d’un réel tangible et effectif. [...]
Texte : Marc Donnadieu
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Thierry Balanger, Memento mori #2, 2026 -
Thierry Balanger, Mon ombre et moi, 2025 -
Thierry Balanger, Peau sur peau, 2026 -
Thierry Balanger, La main bleue, 2026
