Philippe Séclier: Valpo

10 Juin - 9 Septembre 2023
Présentation
CABINET DE CURIOSITÉ

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Entre 1995 et 2000, Philippe Séclier a photographié une centaine de ports, dans le monde entier. La magie de ces docks mythiques, saisie dans un style expressionniste, apparaît bientôt dans son premier ouvrage Hotel Puerto (Images en Manoeuvre), édité grâce au coup de pouce des écrivains voyageurs Jean Rolin, Alvaro Mutis, José Manuel Fajardo et Michel Le Bris qui lui offrent des textes, véritables incitations, sous les auspices de la poésie, à larguer les amarres. Déjà, on ressent, dans un climat de départs, de lâcher prise, de bas-fond et de lumière tamisée, comme un brouillage entre réel et fiction. Littérature et photographie deviennent une passion, comme une curiosité obsessionnelle à aller voir ailleurs. Ailleurs, mais pas seul, en se plaçant volontairement dans les fortes traces d’artistes admirés. À peine rentré de Valparaiso, Philippe Séclier découvre, à Paris, dans une exposition, les images habitées prises par Sergio Larrain, pointure de l’agence Magnum, à Londres et dans le fameux port chilien. Il n’a plus qu’une envie, y retourner, le pister, le flairer, pénétrer son désir de cette cité aux mille escaliers, aux 200 bordels, ressentir ses émotions, s’y perdre et appréhender ses façons de la cadrer dans son objectif, d’y construire des compositions. Séclier reviendra quatre fois à Valparaiso, place forte de la photographie d’Amérique du Sud qui le charme, lui lance des sortilèges, l’attrape dans ses rets. Ébloui par Larrain, il ne cherche pas à le copier, mais se sait inévitablement influencé. Son Valparaiso, sorte de livre d’artiste et de carnet intime, l’accompagne. Il se laisse porter dans cette ville de passage, d’émigration, de partage, de mouvement, où le petit peuple, des funiculaires aux coupe-gorges, vit dehors. Il n’a pas conscience, alors, que ce faisant, il inaugure une façon bien à lui d’appréhender le monde. Il crée les fondements d’un protocole artistique personnel basé sur une confrontation entre lui-même, un auteur et un pays par ce dernier arpenté, sondé, exploré, regardé, scruté, sans exotisme, et quels qu’en soient le contexte, la culture, les codes. Il fait avec plaisir ce qu’il sait faire comme journaliste : enquêter, approfondir, contextualiser. Photographier, aussi, prendre des preuves des étapes de cette imprégnation. 

 
Magali Jauffret

 

LA GALERIE SERA FERMÉE DU 30 JUILLET AU 21 AOÛT INCLUS.
Œuvres