La main aimante: Sélection hebdomadaire #10

23 - 30 Avril 2021

Chaque semaine jusqu'à la réouverture de nos espaces, nous présentons une sélection d'œuvres issues de nos expositions du printemps.

L'exposition collective L’éloge de la main est présentée en quatre parties, dont celle-ci est la troisième.

 


 

Suspendue dans son mouvement, la main est également le motif par excellence du médium de l’instantané. Ainsi, Arlene Gottfried saisit le langage silencieux de la tendresse et de l’amour, tandis qu’Hervé Guibert capture la simplicité d’un geste intime et quotidien.

  • ARLENE GOTTFRIED, I'VE BEEN LOVING YOU TOO LONG
    WESTBETH MUSIC FESTIVAL, New York City
    SEPTEMBER 21, 2008

     

    "Lorsque ma mère a su que je chantais dans une chorale de gospel, elle m'a surnommée la "photographe qui chante".Depuis lors, j'ai chanté avec plusieurs chorales, un chœur et je suis finalement devenue soliste."

    – Arlene Gottfried

  • L'ami

  • Les Douches la Galerie · L'ami, par Christine Guibert

  • « Un jour, je vis entrer deux jeunes gens d’une beauté frappante. L’un d’eux regardait les photos avec attention et prenait des notes sur un petit carnet. Sa présence, bien que discrète, était forte. C’était Hervé Guibert, comme je l’ai appris en lisant son article dans le Monde, où il venait d’entrer. Le garçon qui l’accompagnait et semblait le protéger était Thierry Jouno, qui est resté si présent dans sa vie, ses livres et ses photos.

    Avec Hervé, nous n’avons échangé aucune parole, seulement quelques sourires réservés. Il était encore très timide. Sans le connaître, j’ai senti que quelqu’un de très important était entré dans la galerie, et dans ma vie. » 

    Agathe Gaillard, Mémoires d’une galerie, Éditions Gallimard, 2013

  • "La photo de l'être aimé disparu vient me toucher comme les rayons différés d'une étoile. Une sorte de lien ombilical relie le corps de la chose photographiée à mon regard : la lumière, quoique impalpable, est bien ici un milieu charnel, une peau que je partage avec celle qui a été photographiée."

    Roland Barthes, La chambre claire, 1980, p. 126-127

  • Un baisermais à tout prendrequ’est-ce ?
    Un serment fait d’un peu plus prèsune promesse
    Plus préciseun aveu qui veut se confirmer,
    Un point rose qu’on met sur l’i du verbe aimer ;
    C’est un secret qui prend la bouche pour oreille,
    Un instant d’infini qui fait un bruit d’abeille,
    Une communion ayant un goût de fleur,
    Une façon d’un peu se respirer le cœur,
    Et d’un peu se goûterau bord des lèvresl’âme !

     

    Edmont Rostand, Cyrano de Bergerac, 1897

  • « Je vois ma main devenir géante et dans chacun de mes doigts, je m’aperçois, minuscule. Repose. Si je cours à la recherche de tes secrets, si je continue, les yeux fermés, tout ce que ce grain commence, tout ce que promettent ces phalanges, ces vibrations de la paume, ces cris étouffés, ces cliquetis du poignet, ces peurs d’annuaires, repose. Ma main t’aime. »

    Léon-Paul Fargue, « Pigeondre », Minautore n°6hiver 1935, p. 29

  • Les mains d'Elsa


     

    Donne-moi tes mains pour l'inquiétude
    Donne-moi tes mains dont j'ai tant rêvé
    Dont j'ai tant rêvé dans ma solitude
    Donne-moi tes mains que je sois sauvé

    Lorsque je les prends à mon propre piège
    De paume et de peur de hâte et d'émoi
    Lorsque je les prends comme une eau de neige
    Qui fuit de partout dans mes mains à moi

    Sauras-tu jamais ce qui me traverse
    Qui me bouleverse et qui m'envahit
    Sauras-tu jamais ce qui me transperce
    Ce que j'ai trahi quand j'ai tressailli

    Ce que dit ainsi le profond langage
    Ce parler muet de sens animaux
    Sans bouche et sans yeux miroir sans image
    Ce frémir d'aimer qui n'a pas de mots


    Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent
    D'une proie entre eux un instant tenue
    Sauras-tu jamais ce que leur silence
    Un éclair aura connu d'inconnu

    Donne-moi tes mains que mon coeur s'y forme
    S'y taise le monde au moins un moment
    Donne-moi tes mains que mon âme y dorme
    Que mon âme y dorme éternellement.

     

    Louis Aragon, Le Fou d’Elsa, 1963

  • Soigner, réparer

     

  • Agnès Varda, Une minute pour une image, 1982

  • Sélections hebdomadaires

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