L’histoire de la photographie commence, paradoxalement, avec un objet en relief. En 1827, Nicéphore Niépce recouvre une plaque métallique de bitume de Judée. Sous l’action de la lumière, la matière durcit et l’empreinte devient image. Au moment où se développe ce nouveau médium, l’INJA se transforme au rythme des évolutions médicales, techniques et sociales, notamment avec l’invention de l’écriture braille en 1825.
Si le croisement entre ces deux histoires peut paraître anecdotique, il nous invite à réfléchir aux questions que pose la photographie vis‑à‑vis de celles et ceux qui ne voient pas. Pourquoi et comment photographier les personnes aveugles et malvoyantes ? Existe‑t‑il une culture visuelle qui leur est propre ? Que révèle l’appréciation de qualités de l’image – telles que le flou, le contraste, l’opacité – de notre rapport à la vision et à son défaut ?
La collection photographique de l’INJA constitue un ensemble rare et jamais exposé, documentant l’histoire de l’institution. Puisant dans cette archive, cette exposition retrace l’histoire du lieu et de ses pensionnaires. Les premières images coïncident avec l’essor des studios photographiques sous le Second Empire. Des œuvres plus contemporaines, telles que celles d’Hervé Guibert et de Jacques Bondon, participent au renouvellement du regard porté sur les personnes aveugles et malvoyantes. L’ensemble nous invite à repenser la représentation du handicap visuel à travers l’histoire du médium et ses évolutions.
Avec le soutien de la fondation Antoine de Galbert
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